Littérature d'expression française
Par ailleurs, un certain nombre d'écrivains de la littérature marocaine ont choisi de s'exprimer en français, à la suite d'Ahmed Sefrioui (né en 1915), auteur de contes (Le Chapelet d'ambre , 1949) et de romans (La Maison de servitude , 1974), qui intègre dans ses œuvres la culture populaire orale du fonds arabo-berbère. Quant à Driss Chraïbi (né en 1926), rendu célèbre par un roman sur l'émigration (Les Boucs , 1955), il met en cause la féodalité persistante dans le Maroc postcolonial (La Foule , 1961), revendique la libération de la femme (La Civilisation, ma mère ! , 1972) et s'interroge sur les rapports du Maghreb avec l'Europe (Naissance à l'aube , 1986).
De 1966 à 1971, la littérature marocaine d'expression française est en grande partie canalisée par la revue Souffles, qui évolue progressivement vers le marxisme-léninisme et une certaine violence de ton. Son fondateur, le poète Abdellatif Laâbi (né en 1942), est emprisonné pendant huit ans (Chroniques de la citadelle d'exil , 1980-1983). Ses colonnes accueillent des romanciers tels qu'Abdelkébir Khatibi (né en 1938 ; La Mémoire tatouée , 1971), également essayiste (Figures de l'étranger , 1987) et dramaturge (Le Prophète voilé , 1973). Tahar Ben Jelloun (né en 1944) y contribue également : son œuvre de poète (Hommes sous linceul de silence , 1971) et de romancier (Moha le fou, Moha le sage , 1978) reprend sans cesse les thèmes du déracinement, du racisme et de l'oppression ; il reçoit en 1987 le prix Goncourt pour La Nuit sacrée .
L'angoisse de la solitude et de l'aliénation se retrouve dans la poésie de Mohammed Khaïr-Eddine (né en 1941 ; Nausée noire , 1964), qui vit à Paris, comme D. Chraïbi ou T. Ben Jelloun, avant de choisir le retour au pays.
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